Journal d’une Camgirl #14 – The show must go on

La découverte de vidéos pirates de moi m’a occupé l’esprit pendant plusieurs jours. J’ai exploré Google pendant des heures, tapant mon pseudo dans la barre d’accueil avec différents mots-clés comme cam, camgirl, Chaturbate, Cam4, recordings. La quasi-totalité de mes apparitions à la webcam est disponible à la vente (à mes dépens, je le rappelle, je ne suis pas la bénéficiaire de l’argent versé pour les obtenir). J’ai rapidement fait le tour de mes moyens d’action : ils sont limités à signaler la vidéo en tant que « contenu personnel diffusé sans autorisation ». Je le fais aussitôt même si j’ai assez peu d’espoir que cela aboutisse. Finalement, le premier moment de panique passé, je me trouve étrangement calme et détendue. On m’a reconnue : bon. On m’a dit que j’avais ruiné ma vie et ma carrière : je ne crois pas que ce soit vrai. Les vidéos sont disponibles en ligne : c’est nul mais je n’y peux pas grand chose. A ma grande surprise, mais surtout parfaitement à l’encontre de ma philosophie habituelle, je me dis : « On verra bien ».

Juno shrug Ellen Page

Je décide de ne plus y penser et de me concentrer sur l’argent pour une fois. Depuis le début, je gagne quelques dizaines de dollars à chaque fois que je me connecte. C’est peu, mais je viens assez occasionnellement, par rapport à mes collègues qui sont là tous les jours, plusieurs fois par jour pour certaines. Sur mon compte Cam4, j’ai cumulé un peu plus de 2700 jetons, ce qui fait 270$ gagnés pour moi. Je regarde comment toucher l’argent. Pour les pays autres que les États-Unis, il faut soit un compte Payoneer, qui te permet de te faire payer par des sociétés américaines, soit demander un virement. Je choisis cette option, et on me dit qu’il y a 50$ de frais bancaires. Bah tiens… Idéalement, il faudrait demander au moins 500$ de virement histoire que la proportion des frais soit de seulement 10%, ce qui est déjà fou. Je dois donc gagner encore 230$.

calcul de maths compliqué

Je me mets immédiatement au boulot. On est samedi, mes colocs sont toutes en week-end de touriste aux quatre coins de la France, mon copain n’est pas là. Je me prépare, je règle mes paramètres de show privé pour ne plus me faire avoir et je démarre la cam. Il y a du monde, et on est en début de mois, donc les gens ont leur paie qui leur brûle les doigts. Cela se passe super bien, je ris beaucoup, je mets de la musique et je danse. Je fais les trucs cons que je ferais seule chez moi, mais avec la caméra allumée. Au bout de quelques minutes, je reçois une demande de privé. J’allais l’accepter sans regarder, mais je vois que Cam4 vient d’implémenter une nouveauté grâce à laquelle je vais avoir la possibilité de voir mon interlocuteur pendant le show privé. Décidément… Je venais tout juste de m’habituer au fait de faire un show pour quelqu’un en particulier sans le voir et voilà qu’on doit se regarder dans les yeux maintenant ? Je soupire… Je crois que j’ai pas envie de ça. J’hésite longuement. Finalement, au nom de l’expérience, j’accepte, en prévenant la tchat room que je serai de retour dans quelques minutes.

Carmina dentelle noire

Quelques instants plus tard, je suis face à mon spectateur, qui paie 24 jetons par minute (2,4 $ de gains pour moi, mais cela lui a probablement coûté le double). Il a l’air timide, et peut-être un peu nerveux. Moi aussi, mais je fais l’habituée. « De quoi t’as envie ? Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? » Il tape au clavier : « Fais ton truc, moi je regarde juste. » Encore une fois, me voilà bien avancée. Alors comme la dernière fois, je fais le spectacle. Je me déshabille lentement, j’essaie de me mettre en valeur, de mettre de la sensualité dans chaque geste. Je me mets debout face à la caméra, qui posée en contre bas donne une assez jolie vue sur mes seins, en contre-plongée. Les minutes s’écoulent une par une, et une petite indication en bas de l’écran qui m’informe que 2 ou 3 autres personnes espionnent le show de temps en temps. Je suis nue maintenant, je demande régulièrement à mon spectateur si cela lui plaît. Il m’assure que oui, et il a en effet l’air excité. Au moins là, je le vois, j’en ai la preuve. C’est pas si mal finalement. Je commence les choses sérieuses, et au bout de quelques minutes je me caresse franchement ; je joue avec le vibro rose que je préfère, qui me donne du plaisir à tous les coups. Je « fais mon truc », je laisse de côté l’argent, je veux juste qu’il prenne son pied. Alors je donne tout ce que je peux ; et au bout de quelques minutes, je sens que le plaisir prend le dessus. Je suis debout face à l’écran, et je caresse mon sexe et mon clitoris exactement comme je le fais pour moi, quand je suis seule, concentrée, sérieuse, les yeux fermés. Et d’un coup, sans que je ne le sente arriver, je jouis.

Feu d'artifice

Quand je rouvre les yeux, je vois un large sourire sur le visage de « Fred » comme l’indique son pseudo. J’ai l’impression qu’il est satisfait. Je suis dans cet état de flou post-orgasmique que tout le monde connaît, mais je dois continuer à m’occuper de lui si j’ose dire. Il est très gentil, bienveillant. Ses jetons arrivent à épuisement, on se dit au revoir. Je dispose des 10 secondes avant que l’image ne revienne dans la salle de tchat. J’enfile un t-shirt et je remets de l’ordre dans mes cheveux. Mon sourire béat, d’une oreille à l’autre, et le rouge sur mes joues donnent assez rapidement aux autres une idée de l’issue du show privé. Cela remet l’ambiance directement. Même pas le temps de dire « ouf », on continue le jeu dans la salle de tchat. On me pose des questions, presque toujours à propos de sexe, comme toujours je réponds même si c’est la quinzième fois que je raconte que oui j’aime les femmes, depuis que j’ai 12 ou 14 ans, et que ma première fois c’était à 16 ans, etc… Je recommence à me toucher, à me déshabiller, à faire des requêtes spéciales contre quelques tokens, et puis au bout de quelques heures quand même, je déconnecte.

Je regarde mon solde. J’écarquille les yeux, je relis dix fois le montant. Il a pratiquement doublé. J’ai gagné 2100 jetons en 3 heures. 210 $ !C’est complètement fou. Et j’ai joui en plus ! Deux fois !

Je me sens comme dans un clip de Lady Gaga : Beautiful, Dirty, Rich.

6 réflexions sur “Journal d’une Camgirl #14 – The show must go on

  1. ‘tain ! ça donne envie de s’y mettre. Mais après avoir lu comment @desgonzo a lutté c’est mort. Pour un gars c’est soit le public gay soit faut être gaulé comme Gosling…

    J'aime

  2. Bonsoir, je découvre le blog et je le trouve très intéressant. C’est marrant de voir l’envers du décor.
    Cependant, concernant l’affaire des enregistrements diffusés,en tant que consommateur, je choisis généralement un modèle avec l’option d’enregistrement du show activé. Mais je vous rassure, ce n’est pas pour faire chanter la fille ou me faire de l’argent en la revendant. Il s’agit surtout de pouvoir la revoir d’autres fois, tout simplement. Je préfère revoir une vidéo d’un show privé souvent personnalisé qu’un porno banal. Et justement pour ça, je ne la partagerais pas:c’est un moment privé entre moi et la camgirl.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s