Piscine

Je ne t’ai pas entendu revenir.
J’étais dans un demi-sommeil, alanguie sur un des transats en bois au bord de la piscine, profitant du soleil qui terminait sa course face à moi. Je sentais sa chaleur réchauffer ma peau, sa lumière traverser mes paupières closes. Les bras au dessus de ma tête, une jambe en dehors du siège, le pied posé sur la pierre chaude de la terrasse, j’entendais au loin les grillons et le clapotis de l’eau.
J’avais passé l’après-midi à ruminer cette stupide dispute, survenue quelques heures après notre arrivée dans la villa somptueuse que j’avais mis des semaines à choisir. J’attendais tellement de cette semaine de vacances ! Renouer avec toi, avec nous, se retrouver enfin. Raviver la passion qui nous manquait. Je voulais que tout soit parfait. C’est pour cette raison que j’avais cherché la maison idéale. Et c’était un palace, tout l’inverse de notre petit appartement à Paris. De l’espace, un lit immense et confortable, une salle de bain avec une douche à l’italienne comme tu les aimes, et une grande baignoire. Puis un jardin fleuri et ombragé, où l’on pourrait se promener nus, et surtout une piscine. Je t’y avais imaginé, nageant au soleil, détendu. Et j’espérais qu’enfin, ton corps s’éveille et qu’il ait envie du mien à nouveau. Au lieu de cela, tu étais parti fâché, emportant ta valise. J’ai attendu, sure que tu reviendrais sur ta décision de me laisser seule ici. J’ai parcouru la maison de long en large, espérant te trouver dans chaque pièce. Je suis restée de longues minutes devant le miroir baroque kitsch que j’avais repéré dans les photos sur Air B’nB. Je me souvenais de ce SMS que tu m’avais envoyé un jour et qui m’avait fait rougir devant mes collègues de bureau curieuses : « Une furieuse envie de levrette devant un miroir… » J’avais espéré enfin réaliser ton fantasme ici. Frustrée, j’avais fini par enfiler mon maillot de bain pour aller me défouler dans la piscine. J’ai nagé pendant presque une heure, puis je m’étais allongée au bord de l’eau, lasse et fatiguée.
J’ai sursauté quand ta main s’est posée sur mon genou quelques minutes plus tard. J’ai ouvert les yeux, mais à contre-jour, je ne pouvais pas distinguer ton visage. Seule ta silhouette se détachait dans la lumière. Je te devinais, à genoux au pied du transat. Ta main a remonté lentement ma cuisse jusqu’en haut, tes doigts ont écarté mon maillot de bain, exposant ma nudité à ta vue et à la douce brûlure du soleil. Tu as aussitôt plongé, m’obligeant à refermer les yeux dans un soupir. Ta bouche s’est posée sans détour sur mon sexe, l’embrassant voracement. Ta langue a entamé l’exploration des moindres recoins de mon anatomie, m’arrachant des soupirs de plus en plus rauques au fur et à mesure que mon excitation grandissait. J’ai tiré sur le cordon multicolore qui retenait mon maillot derrière la nuque, libérant mes seins du lycra. Mes doigts sont venus se poser immédiatement sur un téton, ressentant sa dureté, pinçant et tirant, tandis que mon bassin se levait pour aller à la rencontre de ta bouche. Tu as continué à me dévorer, à aspirer mon clitoris déjà tendu et gonflé, à goûter à mon jus que ce traitement délicieux faisait couler en abondance. Je sentais mes muscles se contracter, et mon corps se tordre de plaisir.

Je t’ai entendu grogner, excédé par tant de gigotements. Tu as plaqué fermement les mains sur mes cuisses, empêchant leur mouvement et les maintenant écartées au maximum. Je me suis abandonnée au plaisir, ressentant chaque mouvement de ta langue sur moi, en moi. Puis ta main droite a glissé vers mon sexe trempé, et doucement tes doigts se sont retrouvés à l’intérieur, augmentant encore mon bonheur, m’amenant au bord de l’orgasme. Pourtant, tu les as ressortis presque aussitôt. Frustrée par ce geste, je me suis redressée sur les coudes et j’ai regardé entre mes jambes. Tu as levé les yeux vers moi, et leur expression m’a coupé le souffle. Ton regard était animal, et tes yeux bleus n’exprimaient que le désir pur et sauvage. J’ai vu ta lèvre se relever en un rictus presque mauvais, et au même moment, tu as replongé bouche en avant vers mon sexe, tout en prenant possession de mon cul avec les deux doigts que tu venais de lubrifier dans ma chatte. J’ai joui. Fort. Longtemps. Arrosant ta langue, enserrant tes doigts à chaque spasme, criant mon plaisir. Au bout de quelques secondes, ta langue s’est radoucie doucement, tes doigts m’ont libérée.
Tu t’es redressé et tu m’as regardé longuement, promenant tes mains le long de mes jambes. L’orgasme m’avait complètement clouée au transat. Profitant de ma torpeur, tu t’es redressé, et tu m’as tirée d’un coup sec vers le bas, passant mes jambes de chaque côté de tes hanches. C’est seulement à ce moment que j’ai vu ta formidable érection au dessus de moi. Je me souviens m’être demandée si je m’en lasserais jamais. Puis, alors que j’esquissais un mouvement pour me relever et prendre ton sexe en main, tu as secoué la tête sans rien dire. Tu as encore rapproché ton bassin du mien, et positionné mes jambes sur tes épaules. Puis tu as pris mes poignets dans tes mains, et d’un seul mouvement tu m’as pénétrée. Comme chaque fois, la sensation fut un peu trop intense. Tu m’as laissé un peu le temps de m’habituer à ta présence au fond de moi. Puis tu as commencé à aller et venir, en prenant le temps de savourer chaque mouvement. J’étais noyée dans ton regard animal qui ne me lâchait pas un instant, cherchant dans le mien les signes d’un plaisir que je pensais pourtant évident. Tu as accéléré le rythme, claquant ton bassin chaque fois plus fort contre moi. J’ai voulu fermer les yeux une seconde, pour profiter du plaisir que me procurait ta queue, mais tu m’as immédiatement rappelée à l’ordre.
« Regarde-moi !». Le son de ta voix a encore augmenté mon excitation. Tu l’as compris tout de suite. « Regarde-moi pendant que je te baise. Parce que c’est ça que je suis en train de faire : te baiser encore et encore ». Cette fois je ne voulais plus te lâcher des yeux. Je t’ai supplié de continuer. Et bien sûr, tu t’es arrêté net. « Tu réclames ? Tu n’apprends rien, c’est dingue. » Tu as sorti ta queue de ma chatte, et tu m’as retournée sans ménagement. « Voilà ce qui arrive quand tu réclames. ». Avant que je puisse me dérober, tu m’as asséné une claque magistrale sur la fesse droite. Mon cri de douleur a résonné autant que la fessée elle-même. Aussitôt tu t’es agrippé à mes hanches, et tu t’es renfoncé de toute ta longueur en moi. Et tu m’as baisée, fort, t’enfonçant profondément dans ma chatte, que je sentais plus remplie à chaque va-et-vient, comme si ton sexe était plus gros de seconde en seconde. Je t’entendais murmurer derrière moi, des choses sur ma peau toute dorée, sur mon cul grandiose, et je sentais tes doigts accrochés dans ma chair, tes couilles qui tapaient contre ma chatte trempée, et je perdais la tête. Tu m’as tiré les cheveux d’un seul coup, ramenant ma tête vers l’arrière, te penchant sur moi pour me donner ta langue. J’ai senti le goût de ma mouille sur tes lèvres. Tu m’as embrassé longuement, puis tu as parlé encore, utilisant des mots crus et vulgaires, qui me rendaient dingue d’excitation. Et tu as sorti ta dernière carte. La bouchée collée à mon oreille, tu as lentement prononcé mon prénom. T’entendre le scander avec chaque coup de reins m’a fait partir. Dans un ultime effort, tu as tiré mes cheveux encore plus loin, agrippé mes hanches une dernière fois. Et je t’ai senti te répandre en moi, longuement. Tu m’as mordu l’épaule. Je me suis écroulée sous toi, sous le soleil. Il faisait encore un peu chaud.

Tu t’es relevé au bout de quelques minutes. Tu t’es dirigé vers la maison en me faisant signe de te suivre. Tu m’as emmenée directement devant le grand miroir. J’ai vu nos reflets, les joues rouges et les cheveux en bataille, ma peau marquée là où ta main l’avait voulu. Et ton sourire coquin qui en disait long. Tu es venu te placer derrière moi, puis écartant mes cheveux tu m’as embrassé doucement dans le cou. Et j’ai entendu ta voix, si chaude et si sensuelle : «Une furieuse envie de levrette devant un miroir… »

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